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Gironde : Le Planning familial en lutte pour ne pas fermer

Arya Meroni

22 juin 2026

4 min.


Par communiqué de presse, le Planning familial 33 a fait savoir que l’Agence Régionale de Santé (ARS) lui a annoncé ne pas reconduire la subvention de 160 000€ qu’elle lui accordait jusqu’ici. Sans elle, l’association perd 32% de son budget. Couplé à des problèmes de trésorerie, cela conduira inévitablement à sa fermeture. 

Cette décision a été rendue publique jeudi 18 juin 2026 par le Planning. L’Agence justifierait sa décision au motif que les résultats de son activité ne serait pas « probants » — autrement dit, qu’aucune étude universitaire  ne pourrait démontrer que ses interventions auraient des résultats. Au total, ce sont quatre équivalent temps plein sur les sept et demi que le Planning emploie qui pourraient disparaître. Durant une conférence de presse qui s’est tenue à Bordeaux lundi 22 juin, FR3 a indiqué avoir prévenu le planning depuis quatre ans que la subvention ne serait plus accordée. Une information que dément le Planning. 

« Après une intervention, c’est plusieurs jeunes qui viennent nous parler de leur situation, ce qui débouche parfois sur des alertes dans des situations de violence. On fait de la prévention sur le terrain. Dans le nouveau  programme qu’a prévu l’ARS, il n’y a pas de place pour cela. »

Annie Carraretto, co-présidente du Planning Familial 33

Pour le Planning, l’ARS nie la réalité du terrain et ne prend en compte ni l’avis des professionnel·les ni celle des personnes accompagné·e·s. Au téléphone, Annie Carraretto, co-présidente de l’association rappelle que leurs actions dépassent un cadre strictement objectivable : “après une intervention, c’est plusieurs jeunes qui viennent nous parler de leur situation, ce qui débouche parfois sur des alertes dans des situations de violence. On fait de la prévention sur le terrain. Dans le nouveau  programme qu’a prévu l’ARS, il n’y a pas de place pour cela.” 

L’agence régionale a en effet prévu de développer d’autres activités en matière de santé sexuelle et de prévention des addictions. Pour ce dernier volet, c’est l'hôpital psychiatrique seul qui en aura la charge. Une vision strictement “médicale” qui inquiète l’association. Du côté de la santé sexuelle, même procédé : “l’ARS voit les choses d’une manière uniquement médicale. C’est une gestion quasi-militaire.” Pour Annie Carraretto, ce que veut l’agence, c’est uniquement des résultats chiffrés, réduisant les questions de sexualité à la “vaccination contre le papillomavirus et le dépistage des MST/IST.” 

A l’heure où la lutte contre les violences sexistes, sexuelles et faites aux enfants fait la Une de l’actualité, réduire ces questions à leur volet médical semble hors sol. Alors que l’Education Nationale n’a toujours pas déployé de politique visant à appliquer la loi de 2001 concernant les 3 séances d'Éducation à la Vie Affective Relationnelle et à la Sexualité (EVARS) par ans, la disparition d’une association de prévention et de terrain laisserait les es jeunes seul-e-s face à leurs questionnements, la découverte de leur sexualité mais aussi de potentielles violences.

Luttant pour sa survie, le Planning Familial 33 contre-attaque. Une pétition pour exiger que l’ARS fasse machine arrière a dépassé les 40 000 signataires en moins de 48h. Jeudi 25 juin, un grand rassemblement est organisé devant l’Agence pour tenter de maintenir la subvention. En 2024 déjà, l’ARS avait décidé de baisser de moitié l’aide accordée, avant de rétropédaler suite à une mobilisation. Les travailleuses du Planning ainsi que leurs nombreux·euses soutiens auront-iels gain de cause cette année aussi ? L’objectif, pour Annie Carrattero, est de mettre la pression pour que la ministre intervienne.

Cette attaque contre le monde associatif s’inscrit dans un contexte national fortement dégradé. Depuis un an, l’État a choisi de baisser drastiquement les subventions qu’il accorde aux associations. En octobre dernier, la Fédération des acteurs de la solidarité estimait que plus de la moitié d'entre elles étaient alors menacées. Dans le secteur de la santé communautaire, les mouvements sociaux s'enchaînent, les plans sociaux aussi. 

Dans le même temps, les violences explosent, rappelle le Planning. Les maladies et infections sexuellement transmissibles aussi. Chaque année, de plus en plus de personnes sont dépistées porteur·euses du VIH, souvent plusieurs mois après avoir été contaminées. Les organisations qui, comme le Planning Familial, interviennent auprès des jeunes pour sensibiliser, orienter et écouter sans jugement et de manière anonyme, sont de précieux maillons pour résister face à la dégradation des conditions matérielles de vie. Ces organisations sont aussi souvent les premières intermédiaires pour les jeunes LGBT+, des refuges pour souffler face aux violences ; de même, elles permettent à des femmes victimes de violences conjugales d’avoir une oreille attentive dans certains territoires. 


En définitive, cette tentative de suppression du  Planning Familial 33 est un nouveau symptôme d’une macronie mourante qui’accélére la destruction des cadres de solidarités collectives dans sa chute. 

Cagnotte de soutien au Planning familial : https://www.helloasso.com/associations/planning-familial-33/formulaires/9

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