La police et sa violence : deux ou trois choses que je sais d’elles
Gwenola Ricordeau
19 octobre 2026
12 min.

Ces dernières semaines, la révolte de la jeunesse s’est heurtée à la police. Comment comprendre sa violence, au-delà des discours qui la réduise à un problème de maintien de l’ordre ?
À partir d’une analyse des discours employés pour disqualifier ces mobilisations et légitimer l’action policière, la chercheuse et militante Gwenola Ricordeau plaide pour une perspective abolitionniste à la hauteur de la révolte actuelle.
Lycéenne, puis étudiante, les mobilisations auxquelles j’ai participé étaient habitées par le souvenir de la mort de Malik Oussekine et hantées par le spectre de Charles Pasqua. Manière de dire qu’une génération me sépare des jeunes aujourd’hui mobilisé·es et que, si je n’ai pas de leçons à leur donner, j’ai la faiblesse de penser que les deux ou trois choses que je sais de la police et de sa violence peuvent contribuer à la réflexion collective.
J’ai en effet consacré une partie de mes travaux de recherche et de mes engagements militants à la critique de la police, une institution sur laquelle je n’ai aucune illusion, mais une solide conviction : le problème n’est pas celui des « violences policières », mais celui de l’existence même de la police.
Ce lundi, le ministère de la Justice a annoncé que 2 331 personnes avaient été placées en garde à vue pendant le week-end des 17 et 18 octobre. Un chiffre record qui s’ajoute à un précédent bilan de la répression policière qui, le 10 octobre, indiquait que, depuis fin septembre, plus de 6 800 personnes avaient été placées en garde à vue. En outre, de nombreuses personnes ont été blessées ou mutilées, dont au moins 200 lycéen·nes, et une personne est décédée lors de la manifestation parisienne de samedi.
Le bilan de la répression policière doit également prendre en compte ses conséquences psychologiques : la peur d’être blessé·e, arrêté·e ou humilié·e, le traumatisme d’avoir été interpellé, gardé à vue ou témoin de violences, etc. Des jeunes ont témoigné d’agressions à caractère sexuel pendant des contrôles ou des interpellations et de conditions de garde à vue éprouvantes. Des formes variées d’intimidation ont également été rapportées, comme le cas de cette lycéenne qui a passé vingt-quatre heures en garde à vue pour un « acab » dessiné au feutre sur son ventre.
La répression policière de la jeunesse prend des formes bien connues, à commencer par les provocations, dans la rue comme en ligne. Le désormais célèbre « Bismillah, c’est les ténèbres », dont il est important de souligner la dimension raciste, en offre une bonne illustration. Elle se caractérise aussi par la diversité et la puissance de l’arsenal déployé contre la jeunesse, des LBD aux grenades explosives, jusqu’à l’emploi de fusils d’assaut signalé à Montpellier. Elle s’accompagne également de nouveaux dispositifs, comme des boucliers équipés de lumières stroboscopiques, qui empêchent de filmer le travail de la police.
Ce le bilan est donc particulièrement lourd et sans précédent, y compris au regard des événements de Mai 68. D’Amnesty International France, qui déplore le recours disproportionné à la force par la police, à Reporters sans frontières, qui dénonce une « liberté de la presse entravée par des violences policières », il suscite une émotion collective qui se fait entendre jusque dans les tribunes des stades. Bref, il n’est même pas nécessaire d’éprouver de la sympathie pour la révolte de la jeunesse pour s’inquiéter de l’ampleur de la répression policière. Mais venons-en à ces deux ou trois choses que je sais de la police, à commencer par la manière dont elle est habituellement défendue.
« En déplaçant le débat des pratiques policières et de leurs effets vers les émotions et la vulnérabilité supposée de ceux qui les exercent, ces discours contribuent à dépolitiser la question de la police et à la légitimer. Ce faisant, ils nient aux jeunes leur qualité de sujets politiques. Cette entreprise repose sur deux ressorts principaux : la déshumanisation de la jeunesse, d’une part, et l’injonction à la dissociation, d’autre part. »
Leur défense de la police est une attaque de la jeunesse
Sans nier la réalité de l’offensive réactionnaire en cours, on ne peut qu’être frappé par le caractère prévisible des séquences médiatico-politiques autour de la police. D’abord, la défense de l’institution repose invariablement sur les mêmes arguments : l’invocation des règles et des procédures, la mise en avant des policiers blessés et la présentation du métier comme particulièrement dangereux, ce qui est loin d’être le cas. Vient ensuite le rappel que la police est une institution respectable, capable de contrôler ses propres agents et de sanctionner leurs éventuelles fautes. Ainsi, les 36 enquêtes ouvertes par l’IGPN sont régulièrement mobilisées pour témoigner de l’existence de mécanismes de contrôle.
Mais ouvrir une enquête ne signifie ni établir les faits, ni reconnaître une faute, ni la sanctionner et encore moins garantir qu’elle ne se reproduise pas.
La défense de la police s’appuie sur tout un appareil de légitimation qui comprend la mobilisation d’un véritable bataillon de représentants syndicaux policiers, d’experts et de professionnels de l’ordre, à l’instar d’un Richard Caminade, ancien général de gendarmerie dont les états de service comprennent notamment l’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, invité sur les ondes de France Info. D’un côté, donc, une parole institutionnellement légitime, et de l’autre, tout au plus, des témoignages. La compassion est parfois même mobilisée à rebours : il s’agirait de réhumaniser les policiers, de s’émouvoir de ce qu’ils endurent face aux manifestant·es, jusqu’à nous rappeler que « derrière chaque casque, chaque bouclier, il y a un papa ».
En déplaçant le débat des pratiques policières et de leurs effets vers les émotions et la vulnérabilité supposée de ceux qui les exercent, ces discours contribuent à dépolitiser la question de la police et à la légitimer. Ce faisant, ils nient aux jeunes leur qualité de sujets politiques. Cette entreprise repose sur deux ressorts principaux : la déshumanisation de la jeunesse, d’une part, et l’injonction à la dissociation, d’autre part.
Si la police est réhumanisée, la jeunesse, elle, est déshumanisée. Lorsqu’on propose de faire payer les parents pour les actes de leurs enfants ou que l’on décrit une jeunesse atteinte d’un « sida mental », comme dans les pages de Marianne, c’est toute une catégorie de la population qui se trouve désignée comme un « problème » à discipliner plutôt que comme une catégorie à part entière de la société et donc légitime dans sa mobilisation. C’est d’autant plus frappant que ces jeunes se trouvent dans une position contradictoire : trop jeunes pour voter, mais considéré·es comme suffisamment responsables pour être réprimé·es.
Par ailleurs, les jeunes sont confronté·es à un impératif permanent de dissociation : il faut condamner les « casseurs » et les « émeutiers », séparer les « bons » et les « mauvais manifestants », montrer que l’on révise ses cours, prouver que l’on se soucie de son avenir professionnel et que l’on mérite, à ce titre, d’être entendu. Comme si la légitimité d’une parole politique était conditionnée à une forme de respectabilité. Or, reconnaître les jeunes comme des sujets politiques à part entière suppose précisément de ne pas conditionner leur droit à la parole à leur capacité à rassurer les adultes, ni de réduire leurs mobilisations à une question d’ordre public.
Face à cette entreprise de légitimation de la police, il faut dire clairement les choses : la défense de la police est aussi une attaque contre la jeunesse, en particulier celle issue des quartiers populaires et de l’histoire de l’immigration et de la colonisation. La police est un instrument de pacification sociale et dès lors que la jeunesse – comme du reste tout autre groupe social – remet l’ordre en question, elle trouve la police sur son chemin. Le problème n’est donc pas simplement celui des « violences policières », mais celui de la police.
« Le vocabulaire officiel prétend distinguer une violence légitime, supposée naturelle dès lors qu’il s’agit de la violence de la police, d’une violence illégitime, qu’il s’agirait de réprimer. Mais cette distinction mérite précisément d’être interrogée : qui détient le pouvoir de nommer la violence, de la condamner ou de la justifier ? Pour notre camp, il est nécessaire de ne pas parler seulement de « violences policières », mais de « violences politiques », de « violences d’État » ou de violences exercées par un « État policier ». »
Leurs mots et les nôtres
Cette attaque de la jeunesse s’appuie sur tout un ensemble de catégories discursives qui contribuent à la délégitimer. Sa révolte est trop souvent réduite à une question de « trouble l’ordre public », tandis que les manifestations sont ramenées à des épisodes de « violences urbaines ». Les revendications politiques s’effacent derrière des préoccupations liées à la sécurité ou à la « perturbation » des cours.
Le vocabulaire mobilisé dans les médias semble avoir perdu une grande partie de son sens, si ce n’est celle de légitimer l’ordre existant. On appelle au « retour au calme », alors même que la police utilise des véhicules-béliers contre des jeunes ; on dénonce les « casseurs », tandis que des policiers infiltrés commettent des actes de casse… À cela s’ajoute toute une novlangue institutionnelle qui euphémise la violence de la police : les armes « de force intermédiaire » ou celles dites « sublétales » masquent la dangerosité des moyens employés ; les « tirs conformes » tendent à clore la discussion sur leur légitimité…
Il faut donc contester les mots qui servent à délégitimer la révolte de la jeunesse. On parle de « bloqueurs » pour désigner les lycéen·nes qui entravent le fonctionnement ordinaire de leur établissement. Mais qui bloque qui, au juste ? Celles et ceux qui interrompent temporairement les cours, ou celles et ceux qui détruisent la planète et défendent un ordre social profondément inégalitaire et cruel ? Pour ma part, je vois dans les « bloqueurs » des sujets politiques qui s’organisent et cherchent à construire un monde meilleur. Et là où l’on réclame un « retour à la normale », il faut s’interroger : à qui profite cette « normalité » ? Quelles inégalités perpétue-t-elle ? Sur quelles formes de violence est-elle bâtie ?
Le vocabulaire officiel prétend distinguer une violence légitime, supposée naturelle dès lors qu’il s’agit de la violence de la police, d’une violence illégitime, qu’il s’agirait de réprimer. Mais cette distinction mérite précisément d’être interrogée : qui détient le pouvoir de nommer la violence, de la condamner ou de la justifier ? Pour notre camp, il est nécessaire de ne pas parler seulement de « violences policières », mais de « violences politiques », de « violences d’État » ou de violences exercées par un « État policier ».
Il faut également interroger l’usage des catégories juridiques : au regard du droit international, certaines violences d’État peuvent relever de la qualification de « torture »[1], une catégorie que les États occidentaux mobilisent volontiers lorsqu’ils dénoncent les pratiques policières d’autres pays, mais qu’ils s’emploient à écarter lorsqu’il s’agit de qualifier les violences commises par leurs propres forces de l’ordre. De même, les gaz lacrymogènes, qui appartiennent à la catégorie des agents chimiques irritants, devraient être qualifiés d’« armes chimiques ».
Il ne s’agit donc pas seulement de contester le monopole de l’État sur la définition de sa propre violence, mais aussi de forger nos propres catégories pour nommer la répression, décrire ce que la police fait subir à nos corps et à nos luttes, et penser nos formes de résistance. À cet égard, la mémification des infiltrations policières à caractère raciste est une victoire symbolique : en se moquant des pratiques policières, elle permet de les dénoncer et de ne pas laisser à la police le dernier mot sur ses propres agissements.
le slogan « On veut étudier pour ne pas devenir policiers » est particulièrement malheureux : outre qu’il est l’expression d’un mépris de classe, il laisse entendre que les violences policières seraient avant tout le produit d’un manque d’instruction, tout en reconduisant une opposition simpliste entre une école nécessairement émancipatrice et une police nécessairement ignorante.
Se défendre
Face à la police et à la puissance des discours qui légitiment son action, déconstruire les mécanismes de dépolitisation et réinventer notre langage ne saurait suffire. Si le travail critique est indispensable pour dénaturaliser la violence de la police, il y aussi la nécessité concrète de se défendre, individuellement et collectivement, tant matériellement que juridiquement.
La construction d’une capacité collective à faire face à la police suppose de prendre en compte les conditions matérielles de la protection et de l’action collective. Le partage des savoirs y joue un rôle essentiel : diffuser des guides pratiques, transmettre des informations sur les droits, documenter les pratiques policières et rendre accessibles les expériences accumulées au fil des mobilisations. Cela implique aussi d’apprendre collectivement à réagir face aux interventions de la police et à prendre soin les un·es des autres. Le travail des street medics, qui portent assistance aux personnes dans les manifestations, en est une illustration concrète, tout comme la diffusion de leurs guides. Filmer la police constitue également un enjeu important : documenter son travail et en conserver des traces peuvent contribuer à rendre visibles des pratiques qui, sans cela, seraient difficiles à établir et à contester.
Se défendre revêt également une dimension juridique. Il faut mentionner les collectifs anti-répression et les legal teams, qui sont des équipes de soutien juridique, généralement composées de militant·es et de juristes bénévoles et qui accompagnent les personnes en cas d’interpellation, de garde à vue, de poursuites judiciaires ou de violences policières. Il en existe au niveau national, comme la Legal team antiraciste, et dans beaucoup d’endroits, comme la Legal team Paris IDF (insta : @legalteam.paris.IDF) ou la Legal team de Marseille (insta : @legalteam.mars).
Ces organisations contribuent à la diffusion des connaissances juridiques, notamment au moyen de de formations ou de guides pratiques, comme celui du Secours Rouge Toulouse (Instagram : @secoursrouge.toulouse). Elles jouent également un rôle essentiel dans la construction collective de la défense des personnes poursuivies. Face à l’injonction à la dissociation, ces organisations permettent de défendre une autre approche : celle d’une défense collective qui refuse de distinguer les « bons » des « mauvais » manifestants. L’enjeu est alors de dépasser la seule défense juridique pour porter une revendication politique plus large, qui conteste la légitimité du système judiciaire : celle de l’amnistie pour toutes les personnes poursuivies.
Construire un monde sans police
Plusieurs idées fausses entravent la compréhension de la violence de la police. La première consiste à croire qu’une meilleure police serait possible, comme le suggère la mobilisation fréquente du « modèle allemand », alors que le problème ne tient pas aux pratiques d’un corps policier donné, mais à son rôle de maintien de l’ordre social. Il serait tout aussi réducteur de faire d’unités de police particulières (comme les BRAV-M) un problème en soi, comme si leur suppression suffirait à régler le problème de la violence de la police. Il ne faut pas davantage céder à la nostalgie d’une prétendue police qui aurait été plus respectueuse par le passé, comme le fait Daniel Cohn-Bendit lorsqu’il oppose les « robocops d’aujourd’hui » à une « police à la papa » : cette vision occulte l’histoire longue de la violence de la police, notamment à l’encontre des classes populaires et des populations issues de l’histoire de la colonisation et de l’immigration. Enfin, le problème de la police ne tient pas d’un défaut de formation des policiers. À cet égard, le slogan « On veut étudier pour ne pas devenir policiers » est particulièrement malheureux : outre qu’il est l’expression d’un mépris de classe, il laisse entendre que les violences policières seraient avant tout le produit d’un manque d’instruction, tout en reconduisant une opposition simpliste entre une école nécessairement émancipatrice et une police nécessairement ignorante. Or, l’école est elle aussi traversée par des rapports de domination et des mécanismes de discipline, comme en témoigne, du reste, la tenue de conseils de discipline à l’encontre de jeunes mobilisé·es.
Le mythe d’une police qui pourrait être meilleure, et qui serait donc réformable, entretient l’idée qu’il pourrait exister une « bonne police » – mais aussi de bons policiers. C’est sur cette croyance que reposent les approches réformistes de l’institution policière. J’ai déjà largement développé ailleurs les impasses de ces approches. Au risque de me répéter : le problème n’est pas seulement celui des « violences policières », mais celui de l’existence même de la police. Et je mesure qu’il peut être difficile de tenir ce discours, alors même qu’une pétition appelant à l’interdire l’usage d’« armes mutilantes » contre les jeunes a recueilli plus de 100 000 signatures. Mais la légitimité d’une revendication, aussi largement partagée soit-elle, ne dispense pas d’interroger les présupposés qu’elle véhicule, ni les termes dans lesquels elle est formulée.
Bref, si l’abolition de la police apparaît comme la solution la plus réaliste pour en finir avec la violence de la police, plusieurs voies stratégiques peuvent être envisagées. Pour les présenter, je mobilise habituellement trois images qui, si elles permettent d’en saisir les grandes lignes, simplifient nécessairement des débats stratégiques bien plus complexes.
La première image est celle d’une voiture de police incendiée. Elle évoque la voie insurrectionnelle, celle de la confrontation directe avec l’institution policière et l’État. Pour en finir avec la police, il faudrait s’attaquer frontalement à elle. Mais avons-nous réellement, aujourd’hui, les moyens de l’emporter dans un rapport de force aussi inégal ?
La deuxième image est celle d’une voiture de police à l’abandon et recouverte par la végétation. Elle évoque la construction d’alternatives : faire sans la police, inventer d’autres manières de répondre aux conflits et aux violences, jusqu’à la rendre « obsolète ». On pense notamment aux pratiques de justice transformatrice ou communautaire, ainsi qu’aux multiples formes d’entraide et d’autodéfense collective. Mais ces alternatives suffiront-elles à faire disparaître une institution aussi essentielle à l’ordre social ? Elles ne sont pas non plus à l’abri de reproduire les rapports de domination qu’elles cherchent à combattre, ni d’être institutionnalisées et récupérées par l’État.
La troisième image est celle d’une voiture de police en train d’être démontée, pièce par pièce. Elle représente la voie des réformes dites « non réformistes », qui réduisent progressivement ses moyens, son champ d’intervention et son pouvoir, jusqu’à rendre possible son abolition. Les revendications de désarmement de la police ou de réduction de ses budgets s’inscrivent dans cette perspective. Mais ces mesures peuvent-elles réellement affaiblir l’appareil répressif ? Les moyens retirés à la police peuvent être transférés vers d’autres institutions coercitives ou vers des acteurs privés de la sécurité, déplaçant ainsi le problème plutôt que le résolvant.
Faut-il pour autant choisir une seule de ces voies ? Rien n’oblige à opposer systématiquement confrontation directe, construction d’alternatives et réformes non réformistes. Elles peuvent se renforcer mutuellement, même si leurs objectifs et leurs temporalités entrent parfois en contradiction. Et ces trois images ne prétendent évidemment pas épuiser l’imagination abolitionniste : elles sont là pour la nourrir et nous aider à concevoir des stratégies qui pourront nous rapprocher d’un monde sans police.
À vrai dire, je ne sais pas encore quelles formes exactes prendront les luttes qui permettront l’abolition de la police. Mais ce que je sais de la police et de sa violence, c’est qu’on n’en viendra pas à bout par le réformisme et qu’il nous faut continuer à rêver grand et à imaginer, collectivement, une autre société.
La jeunesse a 1312 raisons de se révolter.
Gwenola Ricordeau est militante abolitionniste et féministe. Après une carrière d’enseignante-chercheuse en sociologie et criminologie en France et aux États-Unis, elle est aujourd’hui chercheuse associée senior à l’Université d’État du Maranhão (UEMA), au Brésil. Elle est notamment l’autrice de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux, 2019), Tant qu’il y aura des prisons (Passager clandestin, 2026) et, avec Joël Charbit et Shaïn Morisse, Brique par brique. Une histoire de l’abolitionnisme pénal (Lux, 2024). Elle a également dirigé les ouvrages Crimes & Peines. Penser l’abolitionnisme pénal (Grevis, 2021), 1312 raisons d’abolir la police (Lux, 2023) et « Nous détruirons les prisons coloniales ! » Palestine et abolitionisme pénal (2026, Atelier Téméraire).
[1] Je remercie Timothée Gabriel Moreira, doctorant à l’Universidad de Guadalajara (Mexique), pour son éclairage sur les usages de cette qualification.
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