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Au moins 79 attaques d’extrême droite contre les LGBTQIA+ en 2026

Elie Hervé·Apolline Bazin

27 octobre 2026

15 min.

Agressions physiques, menaces contre les associations, dégradations insultantes, cyberharcèlement de figures politiques… En 2026, nous avons décompté 79 attaques et actes LGBTphobes commis par l’extrême droite. 

Une série d’enquêtes en partenariat avec le média indépendant StreetPress

Trois coups au visage et un tympan percé. Le 15 janvier, la soirée de Thomas (1) s’est terminée à l'hôpital après une altercation avec trois jeunes hommes qui s’étaient présentés comme fascistes. Après l’agression, l’un d’eux a même fait « des saluts nazis devant le bar », raconte-t-il à France 3. Entre janvier et février 2026, la ville d’Amiens (80) a connu une vague d'agressions homophobes et transphobes, en particulier dans le quartier de Saint-Leu. Abyce, drag queen amiénoise, en a recensé pas moins de vingt. À l’appel du collectif drag d’Amiens et de Sommes Z’en Fières, 300 personnes ont participé à un rassemblement de soutien organisé le 2 février dernier.

En Vendée, Jean-Luc et Alain (1) ont été placés par les autorités dans un dispositif de protection des personnes menacées, après de nombreuses attaques à leur domicile. À Caen (14), Edda a « l’impression d’avoir été détruite » par des militants identitaires et « qu’il n’y a eu aucune conséquence pour eux ». Depuis les élections législatives anticipées de 2024, les attaques homophobes et transphobes de l’extrême droite se multiplient, avec une nette accélération cette année. Elles sont parfois menées par des personnes lambdas, qui affichent leurs orientations politiques. À d’autres reprises, elles proviennent directement de groupes politiques comme les identitaires Némésis, Eros, les Natifs ou La Cocarde, ainsi que les monarchistes de l’Action française ou encore les catholiques intégristes du groupuscule dissous Civitas. Contactée, la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a répondu que « l’État condamne toute forme de violence et est pleinement mobilisé afin que la parole des victimes soit accueillie dans les meilleures conditions possibles ». À l’inverse, pour l’ONG Amnesty International, notre enquête « révèle que la France s'inscrit pleinement dans la voie de pays, à l'instar de la Hongrie ou de la Turquie, qui ne défendent pas les personnes LGBTQIA+ ».

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79 attaques d’extrême droite contre les LGBTQIA+ en 2026

En 2026, les médias Problematik et StreetPress ont décompté 79 faits d’attaques envers la population LGBTQIA+ par l’extrême droite. Si elle n’est pas la seule responsable des LGBTphobies, ces actes sont en progression. Agressions dans la rue ou à leur domicile, cyberharcèlement lancé par des responsables politiques du Rassemblement national ou de Reconquête, centres LGBT+ visés ou censures d’artistes queers... Face à ces faits, nos deux médias se sont associés pour une série d’enquêtes : 

Article 1, « Au moins 79 attaques d’extrême droite contre les LGBTQIA+ en 2026 »

Article 2, « Comment des figures d’extrême droite attisent la haine et le cyberharcèlement envers les LGBTQIA+ »

Article 3, « En région, les centres LGBTQIA+ sont la cible de l’extrême droite »

Article 4, « Les artistes LGBT sous pression des catholiques intégristes »

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Des agressions de plus en plus fréquentes en ville

À Clermont-Ferrand (63), le collectif Front Populaire Révolutionnaire Antifasciste a recensé huit agressions homophobes ou transphobes liées à l’extrême droite en 2026. Un chiffre sous-estimé, expliquent les membres. « On observe un effet de repli sur soi, de vouloir passer à autre chose et ne pas témoigner », indiquent-ils. Selon eux, une des victimes qui « n’a pas témoigné » ne voudrait même « plus venir sur Clermont ». Plusieurs agresseurs arboraient des insignes liés au groupe Brigade Arverne, un groupe hooligan nazi (2). « Quand on aura gagné, on vous mettra dans des camps », a lancé l’un d’eux à une victime. Un autre a affirmé : « Jean Marie Le Pen avait raison ! » 

Au cours de cette enquête, plusieurs personnes nous ont raconté des agressions, des intimidations, du harcèlement en ligne ou dans la rue. Des agressions qui visent davantage les personnes trans et racisées. En septembre 2025, Edda est frappée par des militants d’extrême droite sur son campus à Caen. Deux hommes la jettent au sol, la rouent de coups avant de lui envoyer le vélo sur lequel elle se déplaçait. Elle arrive à se dégager, mais son téléphone est entre les mains de ses agresseurs. Quand elle tente de le récupérer, l’un des deux hommes tire sur sa jupe et elle se retrouve en sous-vêtements. Elle finit par récupérer son téléphone, l’écran cassé. Les agresseurs sont des membres de la Cocarde étudiante. Quelques jours plus tôt, Edda a été victime d’une autre attaque par des militantes de Némésis. Peu après, elle se retrouve affichée sur le compte du collectif fémonationaliste et dépose plainte pour violences commises en réunion et atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image d’une personne. Elle souligne :

« Je représente tout ce qu’ils détestent. Je suis trans, je suis femme, je suis noire. »

Depuis, ses deux plaintes ont été classées sans suite et Edda continue de faire l’objet d’intimidations de la part de collectifs d’extrême droite, ce qui l’a poussée à quitter Instagram. Contrainte de déménager pour des raisons financières, elle a aussi dû arrêter ses études et son entraînement sportif. 

À Brest (29), le 30 août 2025, Édouard Edy a lui aussi été roué de coups par des militants cagoulés à la sortie d’une collecte de fournitures pour le Secours populaire. Militant bien identifié, LGBTQIA+ de gauche et compagnon du député LFI Pierre-Yves Cadalen, Édouard Edy en est ressorti avec des bleus au visage, des douleurs à la jambe et cinq jours d’ITT. En 2023, le jeune homme avait déjà été la cible de menaces : la faculté de lettres et le local du Parti communiste avaient été tagués de croix celtiques, d'insultes homophobes et d’un « Édouard Edy à mort ». 

« Je n’ai jamais caché mon homosexualité, mais oui, on peut dire que j’ai fait un coming out à cette occasion », précise Pierre-Yves Cadalen. Le mois de l’agression de son compagnon, le local de La France Insoumise de Brest et la porte de l’immeuble où réside le couple sont tagués. En juillet 2026, Pierre-Yves Cadalen a aussi été la cible de tags homophobes : un « Sale PD » suivi quelques jours plus tard par : « Cadalen suce des bites d’Afghans ». Les deux inscrits à côté de croix celtiques. 

La situation s’accompagne globalement d’une hausse des violences d’extrême droite dans la ville portuaire. En 2025, StreetPress a comptabilisé une douzaine d’attaques et d’agressions contre des bars et des militants dans la ville. Neuf personnes ont été interpellées pour cette série d’agressions commises l’année dernière, et un procès sur certains de ces faits a lieu en novembre. 

Le printemps 2024 et les Jeux olympiques, des moments de bascule 

« 2024 fut l’année de la désillusion », résume l’association SOS homophobie dans son 29ème rapport sur les LGBTphobies. La victoire du Rassemblement national aux élections européennes et les législatives anticipées ont eu pour conséquence directe une libération de la parole haineuse. De nombreux candidats du RN sont eux-mêmes auteurs de propos homophobes, comme l’a documenté StreetPress. À cette période, plusieurs agressions queerphobes ont lieu. 

Le soir de la victoire de Jordan Bardella aux Européennes, un étudiant iranien est frappé à Paris par des néofascistes du Groupe union défense (GUD). Armés d’un bâton et d’une ceinture, ils lui lancent alors :« Toi, sale pédé, t’es un trans. » L’un des cinq agresseurs lui assène alors un coup-de-poing à l’arcade gauche, sous les yeux d’une témoin, comme l’a retracé StreetPress. Selon Libé, l’un d’eux aurait déclaré aux policiers qu’ils avaient hâte d’être « dans trois semaines », après le premier tour des élections et une possible victoire du Rassemblement national de Jordan Bardella : « On pourra casser du pédé autant qu’on veut. »

Ils ont depuis été condamnés. Quelques jours plus tard, à Rennes (35), Roméo à lui vu deux de ses proches être frappés par l’extrême droite pendant l’entre deux tours des législatives anticipées. « Ils étaient six mecs, tous bancs, tous habillés en noir », raconte-t-il à StreetPress. « Ils ont frappé mon pote et après, ils ont attrapé mon amie, une femme trans, avant de la secouer et de la balancer par terre deux mètres plus loin. Mon pote s’est pris des coups alors qu’il était au sol. Les mecs qui le frappaient avaient un sourire que je n’oublierai jamais. » Ce soir-là, plusieurs personnes ont été agressées par l’extrême droite à Rennes. La veille du premier tour des législatives anticipées, le 29 juin 2024, le groupuscule d’extrême droite gay Eros tente de s’incruster à la marche des fiertés de Paris et le journaliste Léane Alestra (3) est frappé par un membre de leur service d’ordre. Ailleurs, entre les deux tours, certaines soirées queers ont été annulées par crainte d’attaques de l’extrême droite et plusieurs personnes trans dénonçaient alors une hausse des violences et des menaces de mort à cette période-là. Les édiles et les élu·es LGBTQIA+ restent par ailleurs la cible de violences homophobes, comme Problematik et StreetPress le détaillent dans une de nos enquêtes. 

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques est un autre moment clé de la prolifération des discours de haine. Le tableau « Festivités », qui rassemble notamment trois drag queens et la DJ lesbienne juive Barbara Butch, suscite une levée de bouclier à l’échelle internationale. À l’instar de Marion Maréchal-Le Pen qui dénonce une « propagande woke grossière », les réactionnaires s’insurgent contre ce qui est considéré comme une lecture blasphématoire de la Cène. Les artistes subissent une vague de cyberharcèlement massive. Les JO sont aussi marqués par une polémique transphobe autour de la boxeuse Imane Khelif. C’est aussi en 2024, en avril, que sort le livre Transmania de Dora Moutot et Marguerite Stern, aux éditions Magnus qui publient également le youtubeur FAF Papacito.

Cyberharcèlement et attaques contre les lieux

Le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis a également amené certains réseaux sociaux à mettre fin à leur politique – minimale – de modération comme X ou Meta. Cet alignement politique des plateformes ainsi que les stratégies déployées par les militants de Trump sont « autant de modèles pour l’extrême droite française », relève SOS homophobie. Des discours sont repris par des groupes comme Parents vigilants, qui s’organisent ensuite sur les plateformes traditionnelles pour lancer des raids LGBTIphobes et « inonder l’espace public de messages de haine ». L’association souligne également la responsabilité de la droite dans la propagation d’un certain nombre de paniques morales et l’arrivée au gouvernement de plusieurs opposants au Mariage pour tous, comme Sébastien Lecornu ou Bruno Retailleau. 

Depuis, cette haine ne s'est pas apaisée. Comme nous l’évoquons dans notre troisième enquête, la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, après une rixe avec des antifascistes, a même relancé une vague d’attaques en février 2026, notamment contre les lieux identifiés comme LGBTQIA+. À cette période, plusieurs centres LGBT+ sont victimes d’attaques par l’extrême droite.

Pour Aymeric Martin, vice-président de la Fédération nationale des centres LGBTQIA+, cette multiplication vise à silencier les militants queers : 

« Cela permet d’envoyer le message que nous n'avons pas notre place dans l’espace public ni en ligne. »

Les personnes queers et militantes à gauche ciblées 

Sur les réseaux sociaux, prendre position contre l’extrême droite ou se placer explicitement à gauche entraîne régulièrement des vagues d’insultes queerphobes et de menaces. Une violence politique qui augmente avec l’approche de la présidentielle. En juin 2026, Floriane Varieras, conseillère municipale lesbienne écologiste, reçoit 900 messages en 24 h, dont de nombreux propos haineux et des menaces de mort, au moment de la marche des fiertés de Strasbourg (67). Son tort ? Dans une vidéo postée sur la page du groupe Strasbourg Juste et Vivante, elle a rappelé que les droits LGBTQIA+ sont « menacés, notamment par la montée de l’extrême droite ». 

Sur X, sans modération, des raids de cyberharcèlement et de doxxing s’organisent sans filtre. Echo a reçu des centaines de commentaires transphobes, misogynes, d’appel au meurtre, au viol après avoir participé à une vidéo pour LFI. Certains commentaires se terminaient même par : « Vive le RN ». Elle les a compilés dans un document de 157 pages, mais les policiers ont refusé sa plainte. Elle l’a déposée devant le procureur qui l’a classée sans suite car l’enquête n’aurait « pas permis d’identifier » les harceleurs. Comme elle, la drag queen Emily Tante – militante LFI depuis plusieurs années – reçoit régulièrement des menaces. Redoutant un effet Streisand, toutes deux ont décliné la publication d’un communiqué de soutien du parti de gauche.

Le 7 janvier 2025, le collectif Les Inverti·es organise à Paris un « apéro géant pour fêter la mort de Jean-Marie Le Pen ». Identifié sur les images de télévision tournées ce soir-là, un membre du groupe est pris pour cible. Après une première semaine de cyberharcèlement, son adresse personnelle est diffusée sur X. Sa participation au rassemblement est dénoncée à son employeur qui reçoit une dizaine de mails et d’appels au standard. Ses parents reçoivent également une quinzaine d’appels de menaces. La mère du militant a décroché une fois. Après lui avoir décliné son identité complète et confirmé le lien de parenté avec son fils, une voix menaçante lui assène : « Il va falloir assumer. »

Le militant, lui, avance son déménagement en urgence pour fuir les menaces. « Aujourd’hui, ça me stresse quand il y a des actions à forte médiatisation, j’ai peur de relancer la machine parce que déjà repéré » résume-t-il. 

À la même période, deux librairies queers ont été visées par l’extrême droite : Violette and Co à Paris, en août, et Les Vagues à Nantes (44), en mai. La première a découvert des messages tels que « islamo-complice », écrits à l’acide sur sa vitrine, après avoir mis en avant un livre de coloriage sur la Palestine, et a été victime d’une campagne de dénigrement et de cyberharcèlement. La seconde a vu sa vitrine brisée. Des autocollants du Comité du 9 mai, un rassemblement néofasciste, ont été retrouvés à proximité. Quelques mois plus tard, en juin 2025, plusieurs livres LGBTQIA+ sont volés dans une médiathèque de Lorient (56). Une vidéo est ensuite postée sur un compte néonazi. Des militants y revendiquent un autodafé de livres queers, accompagnés d’images d’archives d’autodafés de l’Allemagne nazie, d’une croix gammée et d’un message : 

« Nous brûlerons vos livres à nouveau. »

Dans les campagnes, une peur grandissante

Cette haine nourrie par l’extrême droite contre les personnes queers est aussi présente dans certains endroits où les idées du RN prospèrent. Début octobre, Léa et Oxane ont retrouvé leur chien bavant et haletant dans leur jardin. « On a pensé qu’il avait attrapé la rage mais le vétérinaire nous a dit qu’il avait été empoisonné », explique Oxane. Depuis six mois, ce couple lesbien vit au rythme des menaces de mort, de viols, des dégradations, des tags et des insultes. « Ça a commencé quand j’ai fait mon coming-out trans dans le village », reprend-elle. Habitante du Nord de la Vendée, elle y décrit un village où les propos haineux s’enchaînent :

« Un soir, alors qu’on était chez nous, on a entendu une personne crier plusieurs phrases dont : “Si tu continues à t’habiller en femme, je vais te crever”. On ne sait pas d’où ça vient. »

Ces cris dans la nuit ont depuis laissé place à des lettres de menaces, des dégradations de leur maison comme de leur voiture. « J’ai fait réparer ma voiture, on a installé une caméra, et on a de nouveau été victime d’une attaque. » Ce soir-là, la personne avait un brouilleur, aucune caméra du quartier n’a fonctionné. Elles ont essayé de porter plainte, mais la gendarmerie a réorienté vers la municipalité. Contactée, la mairie explique ne pas être au courant de ses attaques. Fin octobre, Oxane est finalement reçue par le maire. Elle dit avoir été accusée de mensonge par celui-ci qui lui aurait alors demandé de ne pas médiatiser l’affaire. Le maire, de son côté, a annoncé à StreetPress qu’il ne ferait pas de commentaire.

Non loin de leur village, à 45 min en voiture, un autre couple est lui aussi victime de menaces à répétition à Lairoux (85). Des tags comme « pas de pédés en Vendée », des intrusions chez eux, des lettres de menaces envoyées sur des pierres dans leur jardin… Au total, Jean-Luc et Alain ont déposé quinze plaintes, dont huit en 2026. La première en octobre 2024, peu après les élections législatives anticipées ; la dernière début octobre 2026. La voiture de Jean-Luc a été recouverte de tags de cercueils, de propos homophobes et il a même retrouvé une lettre de menace de mort sous l’essuie-glace. Jean-Luc pose :

« Depuis deux ans, on voit une montée de la violence chez nous et, je pense, que cela est directement lié à la montée de l’extrême droite. »

Face à ces menaces répétitives, ils ont été placés sur le fichier SIP de la gendarmerie, un dispositif pour les personnes menacées. Plusieurs actes délictueux se sont aussi déroulés dans leurs établissements scolaires respectifs, ce qui a conduit leur direction à faire des signalements. Le couple décide alors de médiatiser ces attaques. Dans le hameau, cette décision n’est pas bien vue. Plusieurs personnes les accusent de donner une mauvaise image. « La récurrence du sujet interpelle », abonde le maire de la commune, Cédric Guinaudeau. Mais ce dernier assure : 

« La question n’est pas de savoir s’ils peuvent ou non communiquer, mais sur l’amalgame qui est fait entre la population du village, son vote RN à 55 % et l’homophobie. Lairoux n’est pas une commune homophobe. »

Celui-ci dit apporter son soutien plein et entier au couple. Fin avril 2026, la mairie a également porté plainte comme personne morale avec constitution de partie civile. 

L’association Queers des Champs a réalisé la toute première enquête nationale consacrée aux conditions de vie des personnes LGBTQIA+ en ruralité. Parmi les témoignages, collectés en juin 2026, une cinquantaine mentionne spontanément l'extrême droite et le conservatisme en majorité pour exprimer des préoccupations face à la prégnance du vote RN dans leur village. Plusieurs personnes décrivent un durcissement des mentalités, une discrétion accrue dans le monde du travail ou l’espace public, et même des stratégies de dissimulation de symboles queers. « Nous avons déjà subi des violences dans notre ancien village : boîte aux lettres brûlée, croix nazie dessinée sur la voiture, insultes... », rapporte une personne basée en région Rhône-Alpes. Un témoignage qui fait écho au harcèlement que subit Sacha (1), dans un village de l’Aube. Une femme dans un supermarché lui a dit que sa place était en hôpital psychiatrique, son frère métis a été traité de « sale nègre » et sa copine s’est fait cracher dessus à plusieurs reprises. « Au marché, le RN était le seul parti qui tractait pendant les municipales, il y avait des affiches RN partout et dans le village, on a retrouvé plusieurs stickers “zone anti-racaille” », se souvient-il. Un autre habitant d’un village de l’est de la France conclut : 

« Même si les gens se montrent polis, statistiquement, la majorité vote RN. Et [le RN] n'a pas à cœur de protéger les gens comme moi. »

Image à la Une : © Hélène Aldeguer

Contactée pour demander un entretien avec le policier chargé des questions LGBT, la Préfecture de police n’a pas été en mesure de nous répondre. 

(1) Le prénom a été changé. 

(2) La Brigade Arverne est liée aux néofascistes Clermont non-conforme. Contactés, ces derniers nient cette affiliation. 

(3) Léane Alestra est cofondateur du média Problematik.

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